lundi 15 octobre 2018

Alligator 427



Bordeaux 13 Octobre 2018



Alligators 427
Aux ailes de cachemire safran,
Je grille ma dernière cigarette.
Je vous attends.
Sur cette autoroute hystérique
Qui nous conduit chez les mutants,
J'ai troqué mon cœur contre une trique.
Je vous attends.
Je sais que vous avez la beauté destructive
Et le sourire vainqueur jusqu'au dernier soupir.
Je sais que vos mâchoires distillent l'agonie.
Moi, je vous dis : " bravo " et " vive la mort ! "

Alligators 427
À la queue de zinc et de sang,
Je m'tape une petite reniflette.
Je vous attends.
Dans cet étrange carnaval
On a vendu l'homo sapiens
Pour racheter du Neandertal.



Je vous attends.
Et les manufactures ont beau se recycler,
Y aura jamais assez de morphine pour tout le monde,
Surtout qu'à ce qu'on dit, vous aimez faire durer.
Moi, je vous dis : " bravo " et " vive la mort ! "

Alligators 427
Aux longs regards phosphorescents,
Je mouche mon nez, remonte mes chaussettes.
Je vous attends.
Et je bloque mes lendemains.
Je sais que les mouches s'apprêtent,
Autour des tables du festin.
Je vous attends.
Et j'attends que se dressent vos prochains charniers.
J'ai raté l'autre guerre pour la photographie.
J'espère que vos macchabées seront bien faisandés.
Moi, je vous dis : " bravo " et " vive la mort ! "

Alligators 427
Aux crocs venimeux et gluants,
Je donne un coup de brosse à mon squelette.
Je vous attends.
L'idiot du village fait la queue
Et tend sa carte d'adhérent
Pour prendre place dans le grand feu.
Je vous attends.
J'entends siffler le vent au-dessus des calvaires
Et je vois les vampires sortir de leurs cercueils
Pour venir saluer les anges nucléaires.
Moi, je vous dis : " bravo " et " vive la mort ! "

Alligators 427
Aux griffes d'or et de diamant,
Je sais que la ciguë est prête.
Je vous attends.
Je sais que dans votre alchimie,
L'atome ça vaut des travellers chèques
Et ça suffit comme alibi.
Je vous attends.
A l'ombre de vos centrales, je crache mon cancer.
Je cherche un nouveau nom pour ma métamorphose.
Je sais que mes enfants s'appelleront vers de terre.
Moi, je vous dis : " bravo " et " vive la mort ! "

Alligators 427
Au cerveau de jaspe et d'argent,
Il est temps de sonner la fête.
Je vous attends.
Vous avez le goût du grand art
Et sur mon compteur électrique,
J'ai le portrait du prince-ringard.
Je vous attends.
Je sais que, désormais, vivre est un calembour.
La mort est devenue un état permanent.
Le monde est aux fantômes, aux hyènes et aux vautours.
Moi, je vous dis : " bravo " et " vive la mort ! "

Je vous attends.
Je vous attends.
Je vous attends.
Je vous attends.

Hubert Felix Thiefaine

dimanche 29 juillet 2018

Les Babioles Coventry PATMORE



Mon petit garçon avec ses yeux pensifs
ses gestes et ses mots tranquilles de grande personne
m'a désobéi pour la septième fois,
et je l'ai frappé, je l'ai renvoyé
durement sans l'embrasser,
car sa mère qui était patiente est morte.
Puis j'ai eu peur que le chagrin l'empêche de dormir
et j'ai été le voir dans son lit,
mais il était dans un profond sommeil
paupières battues et cils encore mouillés
de son dernier sanglot.
Alors, ému, je l'ai embrassé
et mes larmes remplaçaient les siennes,
car sur une table tirée à son chevet
il avait mis à portée de sa main
une boite de jetons et une pierre veinée de rouge,
un bout de verre usé par la plage
et six ou sept coquillages,
une bouteille avec des campanules,
et deux sous français, le tout rangé avec soin
pour consoler son pauvre cœur.
Et ce soir là, dans ma prière,
j'ai pleuré, j'ai dit à Dieu :
Ah, quand à la fin nous serons couchés sans un souffle
et que, morts, nous te blesserons plus
tu te rappelleras de quelles babioles
nous avons fait nos joies 
et comme nous avons peu compris
ta grande loi de bonté.
Alors tu ne seras pas moins père
que moi dont tu as pétri l'argile,
tu laisseras ta colère, tu diras :
voyons ce sont des enfants.

   
      Coventry PATMORE


                                                                    Recueilli dans Dieu en poésie de Jean GROSJEAN



samedi 30 juin 2018

L’homme est comme un oiseau en cage



Oiseaux engourdis, la prison est ouverte,
et vous n’osez pas voler.
Je vous effraie, afin que vous voliez.


 Dialogues avec l'Ange           Gitta Mallasz


mardi 12 juin 2018

L'oubli





    
"Le voleur part 
n'a  oublié qu'une chose-
la lune à la fenêtre "


                Ryokan

dimanche 3 juin 2018

Le pain divin




- Réjouissons-nous d'une seule Joie en LUI.
Le pain que tu as reçu dans ta main
n'est pas encore bon à manger sur terre.
Il faut qu'il soit cuit dans le four. Ne t'inquiète pas!
Ni le pain, ni le four ne brûle,
seulement le bois qu'on appelle la "personne".
Et c'est à son feu que le pain,
qui sera bon à manger, cuit.

                                                                                  Dialogues avec l'Ange

vendredi 4 mai 2018

Chopin - Spring Waltz (Mariage d'Amour)





A chaque instant , un mariage avec ce qui est !
Et peut-être  que ,juste là , l'amour vient à notre rencontre

vendredi 13 avril 2018

Ne plus penser




Ne plus penser à rien, c'est commencer à bien penser.

"Il n'est rien de plus doux que de contempler ce qui nous comble.

                                                               Christian Bobin