vendredi 4 juin 2021

Le livre des Anges

 Je suis ivre du vin que l'amour m'a fait boire,

Les anges font brûler du parfum dans les fleurs,

Les nuages en feu se partagent mon Ame

Je marche sur le sable brulant de la pensée

non pas proche de Dieu mais divine moi-même. 


Lydie Dattas

mardi 12 mars 2019

Hubert Reeves « Les animaux ne sont pas des bêtes »



Aux animaux, perçus comme des être inférieurs, on asso-
cie souvent des adjectifs dévalorisants ; ils sont dits « stu-
pides », « sans intelligence ». Ou tout simplement, « bêtes »
- le mot parle de lui même. On leur attribue des comporte-
ments « méchants ». En fait, la notion de méchanceté se prête
mieux aux activités humaines : tortures, oppression, sadisme.
L’écrivain anglais George Bernard Shaw écrivait :
       
       Quand un tigre tue un homme, on crie à l’horreur ;
        quand un homme tue un tigre, on parle de sport,
   
   Les observations scientifiques sur le comportement animal
montrent l’ineptie de cette vision négative. Le comportement
génial de certains animaux - oiseaux migrateurs, abeilles,
fourmis, dauphins, corneilles, pieuvres - nous révèle l’exis-
tence de formes  stupéfiantes d’intelligence. Ce qui se passe
dans leur tête nous est largement inconnu.
   Grâce à Darwin, les hommes ont appris qu’ils faisaient
partie de la grande famille des animaux. La crise écologique
contemporaine nous impose la nécessité de développer l’esprit
de famille élargie à toute la vie. Nous sommes entièrement
dépendants les uns des autres. Notre vie est liée à la bonne
santé du monde animal et végétal.
   Ces changements dans notre vision du monde, pour
devenir efficaces, doivent s’accompagner d’une révision
du vocabulaire. Il conviendrait de renoncer aux expressions
« se conduire comme une bête », « une cruauté bestiale » et
d’autres encore. Les mots utilisés dans la vie courante sont
susceptible d’affecter insidieusement les modes de pensée et
les comportements peuvent paraître anodins. À long terme, leurs
effets sont majeurs.

                   
                Le banc du temps qui passe

Méditations cosmiques.                  SEUIL    page 158